Préserver son autonomie :
des gestes simples pour mieux vivre chez soi

Rester autonome ne signifie pas devoir tout faire seul. Il s’agit surtout de conserver le plus longtemps possible la liberté de choisir, de se déplacer, de prendre soin de soi et de vivre dans un environnement adapté à ses besoins.

Avec les années, certaines habitudes peuvent devenir plus difficiles. Pourtant, quelques ajustements simples, un bon entourage et l’accès aux bonnes ressources peuvent faciliter le quotidien et permettre de demeurer chez soi plus longtemps, en toute confiance.

Adapter son domicile pour plus de sécurité

La maison devrait évoluer avec les besoins de ses occupants. Un aménagement qui convenait parfaitement il y a quelques années peut devenir moins pratique lorsque l’équilibre, la vision ou la mobilité changent.

Il est utile de commencer par observer les endroits où les déplacements sont plus difficiles. Les tapis qui glissent, les fils électriques dans les passages, un éclairage insuffisant ou des objets rangés trop haut peuvent augmenter les risques de chute.

Dans la salle de bain, une barre d’appui, un tapis antidérapant ou un siège de douche peuvent faire une grande différence. Dans les escaliers, une rampe solide et un bon éclairage sont essentiels. Santé Canada rappelle d’ailleurs que plusieurs blessures chez les personnes aînées surviennent à domicile, notamment dans la salle de bain et les escaliers.

Il n’est pas nécessaire de tout transformer en même temps. L’objectif est d’apporter graduellement des améliorations qui rendent la maison plus sécuritaire et plus facile à utiliser.

Continuer à bouger selon ses capacités

L’activité physique joue un rôle important dans le maintien de l’autonomie. Marcher, jardiner, faire quelques exercices d’équilibre ou participer à une activité adaptée permet de continuer à utiliser ses muscles et de conserver de la confiance dans ses déplacements.

Il ne s’agit pas de rechercher la performance. La régularité est généralement plus importante que l’intensité. Une courte marche quotidienne, quelques mouvements effectués près d’une chaise ou un cours adapté peuvent déjà contribuer à maintenir la mobilité.

Lorsqu’une personne éprouve des étourdissements, des douleurs importantes ou des difficultés d’équilibre, il est préférable de consulter un professionnel de la santé avant de commencer une nouvelle activité.

La prévention des chutes repose notamment sur l’identification des facteurs de risque, le maintien de la force et de l’équilibre ainsi que l’adaptation de l’environnement. ( Source:.inspq.qc.ca )

Accepter de l’aide sans perdre son indépendance

Demander de l’aide est parfois perçu comme une perte d’autonomie. En réalité, recevoir un soutien adapté peut permettre de continuer à accomplir soi-même les activités qui comptent le plus.

Une personne peut, par exemple, obtenir de l’aide pour l’entretien ménager, la préparation des repas, les courses ou certains soins, tout en demeurant pleinement responsable de ses décisions.

L’accompagnement peut être ponctuel ou régulier. Il peut être offert par un proche, un organisme communautaire, une entreprise de services à domicile ou le réseau de la santé.

Au Québec, les services de soutien à domicile peuvent notamment s’adresser aux personnes en perte d’autonomie ainsi qu’à certains proches aidants. Une demande peut être faite auprès du CLSC de sa région afin d’évaluer les besoins et les services possibles. Source: Gouvernement du Québec

Maintenir une vie sociale active

L’autonomie ne concerne pas seulement les capacités physiques. Elle passe aussi par la possibilité de demeurer en contact avec les autres, de participer à des activités et de continuer à prendre part à la vie de sa communauté.

Un appel à un proche, une sortie au café, une activité dans un centre communautaire ou une rencontre régulière peuvent aider à briser l’isolement. Ces habitudes donnent également des repères dans la semaine et encouragent à rester actif.

Lorsque les déplacements deviennent plus compliqués, il est possible d’explorer le transport adapté, les services d’accompagnement ou les activités offertes à proximité du domicile.

Certaines municipalités et certains organismes proposent également des appels de sécurité, des visites amicales, des repas livrés et différentes formes de soutien aux personnes vivant seules.

Utiliser la technologie comme outil de soutien

La technologie peut aussi faciliter le maintien à domicile. Un téléphone facile à utiliser, une montre avec fonction d’urgence, un pilulier électronique ou une sonnette avec caméra peuvent apporter une sécurité supplémentaire.

Les appels vidéo permettent de garder un lien régulier avec la famille. Les rendez-vous médicaux à distance, lorsqu’ils sont disponibles et appropriés, peuvent également réduire certains déplacements.

Ces outils doivent toutefois rester simples et adaptés à la personne. Une technologie trop compliquée risque de ne pas être utilisée. Il est donc préférable de choisir une solution qui répond à un besoin précis et de prendre le temps d’en comprendre le fonctionnement.

Planifier avant qu’une difficulté survienne

Il est plus facile d’adapter son quotidien lorsque les décisions sont prises calmement, avant qu’une situation urgente ne se présente.

On peut commencer par discuter avec ses proches de ses préférences : souhaite-t-on rester dans sa maison, déménager dans un logement plus petit ou se rapprocher de certains services? Quelles tâches deviennent plus difficiles? Qui pourrait être contacté en cas de besoin?

Vieillir chez soi suppose d’avoir accès à un logement sécuritaire ainsi qu’aux services de santé, aux ressources sociales et au soutien nécessaires pour continuer à vivre de façon autonome dans sa communauté. Source: Gouvernement du Canada

Préparer une liste de contacts utiles, vérifier les services offerts dans sa région et connaître les programmes disponibles permet d’éviter de chercher des solutions dans l’urgence.

Soutenir aussi les proches aidants

L’accompagnement d’une personne en perte d’autonomie peut demander beaucoup de temps et d’énergie. Les proches aidants ont eux aussi besoin de soutien, d’information et de périodes de repos.

Partager les responsabilités entre plusieurs personnes, utiliser des services de répit ou consulter un organisme spécialisé peut aider à préserver l’équilibre de chacun.

Un accompagnement de qualité repose sur le respect des choix de la personne aidée, mais aussi sur la capacité du proche à reconnaître ses propres limites.

L’autonomie se construit au quotidien

Préserver son autonomie ne dépend pas d’une seule décision. Il s’agit d’un ensemble de gestes : rester actif, rendre son domicile plus sécuritaire, maintenir des liens sociaux, demander de l’aide au bon moment et connaître les ressources disponibles.

Chaque situation est différente. L’important est d’avancer progressivement et de choisir des solutions adaptées aux besoins, aux capacités et aux préférences de la personne.

Être accompagné ne signifie pas renoncer à son indépendance. Un bon soutien permet souvent, au contraire, de conserver plus longtemps sa liberté et sa qualité de vie.